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Régler son pédalier simracing : la méthode, de la plaque au jeu

La méthode de réglage d'un pédalier, de la plaque au jeu : l'ordre des étapes, les valeurs que publient les fabricants et les éditeurs, et leurs contradictions.
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Régler son pédalier simracing se fait dans un ordre précis : la position de la plaque, puis la dureté mécanique du frein, puis la calibration du minimum et du maximum, puis la force nécessaire pour atteindre 100 %, les zones mortes et enfin la courbe, en laissant le jeu en linéaire. Inverse deux étapes et tu corriges au logiciel un défaut qui venait de la mécanique, ou tu empiles deux courbes sans le savoir.

Cette page ne te dit pas quoi acheter. Elle rassemble ce que les fabricants de pédaliers et les éditeurs de jeux publient réellement sur le réglage, avec leurs valeurs quand ils en donnent, et elle dit clairement quand ils n’en donnent pas. Le choix du matériel lui même vit dans notre guide du pédalier simracing, qui pose les technologies et les paliers de gamme.

Aucune des valeurs ci dessous n’est un réglage maison présenté comme universel. Ce sont des points de départ publiés, des procédures documentées et des contradictions relevées entre documents d’un même constructeur. Ton pied, ton siège et ton support font le reste, et c’est précisément pour ça que la méthode compte plus que les chiffres.

Dans quel ordre régler son pédalier simracing ?

De la mécanique vers le logiciel, puis du logiciel de la marque vers le jeu : position et fixation, dureté du frein, calibration, force de frein, zones mortes, courbe, et réglages du jeu en dernier. Chaque étape suppose la précédente terminée, parce que chacune modifie ce que la suivante mesure.

Trois étages qui s’empilent sans se parler

Le signal de ta pédale traverse jusqu’à trois couches de traitement. La première est le pédalier ou la base qui le lit, avec le logiciel du fabricant : courbe, zones mortes, force de frein. La deuxième, sur ordinateur, est le panneau des contrôleurs de jeu de Windows, qui peut lui aussi modifier la plage lue. La troisième est le jeu, avec ses propres curseurs de zone morte, de linéarité et de saturation.

Aucune de ces couches ne sait ce que font les deux autres. Une courbe progressive dans le logiciel de la marque, suivie d’une linéarité réglée dans le jeu, donne une réponse que personne n’a dessinée. Le support de MOZA le dit à sa manière : quand une pédale n’atteint pas 0 ou 100 %, une des causes est la calibration Windows, et la solution publiée consiste à remettre les propriétés du contrôleur USB par défaut.

La courbe à un seul endroit

Deux fabricants écrivent la même règle dans leurs manuels. Asetek conseille de dessiner la courbe dans son logiciel et de laisser celle du jeu en linéaire. Heusinkveld demande des réglages linéaires dans le jeu, puisque les effets de son logiciel s’appliquent dans tous les simulateurs sans recalibrer. C’est la règle que je retiens pour tous les pédaliers qui disposent d’un logiciel : un seul étage façonne la réponse, les autres restent neutres.

Sur console, où les logiciels PC ne tournent pas, l’étage qui façonne est la base ou le jeu. La logique ne change pas, seul l’endroit change. La section consacrée aux consoles plus bas détaille où se trouvent ces réglages.

Comment placer le pédalier avant de toucher au logiciel ?

En fixant d’abord la position de la plaque, l’angle et la hauteur de chaque pédale, puis en vérifiant que l’ensemble ne recule pas sous un freinage appuyé. Une calibration faite sur un pédalier qui bouge enregistre un mouvement du support, pas une pression de ton pied.

Les plages de position que publient les fabricants

Les réglages de géométrie sont les mieux documentés de tout le sujet, parce qu’ils se décrivent sans logiciel. Voici ce que les manuels et fiches consultés chiffrent.

Pédalier Angle des pédales Hauteur et position
Heusinkveld Sim Pedals Sprint 8 positions, de moins 25° à plus 5° Course de l’accélérateur en 5 positions, 3 par défaut
Heusinkveld Sim Pedals Ultimate+ De moins 10° à plus 5°, moins 10° par défaut Hauteur de plaque en 3 positions, milieu par défaut
MOZA CRP2 0 à 15° Plaque et repose talon réglables jusqu’à 30 mm
Fanatec CSL Pedals avec kit Load Cell Non chiffré dans le manuel Plaque de pédale en 3 hauteurs, par pas de 15 mm
Thrustmaster T3PM 2 inclinaisons par pédale Hauteur de l’accélérateur en 2 positions, écartement en 3 positions par pédale
Asetek Invicta Frein à 90° par défaut Longueur de tige à régler sans précharger le maître cylindre

Le détail Asetek mérite qu’on s’y arrête. Le fabricant prévient qu’une tige réglée trop longue précharge le maître cylindre et rend la calibration irrégulière. Autrement dit, un mauvais réglage de géométrie se lit ensuite comme un défaut de capteur. C’est l’illustration la plus nette de la règle d’ordre : la mécanique d’abord.

La fixation, avant la première calibration

Heusinkveld écrit que son Sprint, capable de 65 kg au frein, exige une base très rigide. Thrustmaster associe les modes de dureté de son T3PM au support : les deux modes souples au bureau, le mode dur sur un support de pédalier, le mode très dur en cockpit. Les deux constructeurs disent la même chose par deux chemins : la force que tu pourras régler dépend de ce qui retient le pédalier. Les plaques, les butées et les solutions contre le recul sont traitées dans notre page consacrée au support de pédalier et à sa tenue sous le freinage.

Un test simple avant d’aller plus loin : freine fort dix fois de suite, puis regarde si la plaque a bougé par rapport à un repère au sol. Si elle a bougé, tous les réglages qui suivent seront faux d’une session à l’autre.

Comment régler la dureté du frein : ressorts, élastomères et pré-contrainte ?

En choisissant l’empilement de ressorts ou d’élastomères que le fabricant prévoit, puis en réglant la pré-contrainte pour supprimer le jeu initial, et en recalibrant ensuite. La dureté mécanique ne se règle pas au logiciel : elle décide de ce que ton pied ressent, quand le logiciel décide de ce que le jeu reçoit.

Sur un frein à capteur de position, la dureté change l’effort pour une même course

Un frein à potentiomètre ou à capteur magnétique mesure la position de la pédale. Durcir le ressort ne change pas ce que lit le capteur à mi course : cela change l’effort qu’il te faut pour y arriver. Thrustmaster publie ainsi quatre configurations pour son T3PM, de souple à très dur, obtenues avec un ressort argent souple monté d’origine, un ressort noir dur et un tampon en élastomère blanc de dureté Shore 70.

Sur le T3PA, le même constructeur fournit une butée conique en caoutchouc, non montée d’origine. Plus elle est placée près de l’arrière du bras, plus la résistance est forte, et le manuel prévient qu’une butée très proche peut empêcher d’atteindre la valeur maximale de calibration. La parade publiée est franche : appuyer très fort une fois, au besoin en se tenant une seconde debout sur la pédale, ou éloigner la butée.

Sur un frein à cellule de charge, l’élastomère décide de la force et de la sensation

Une cellule de charge mesure la force appliquée, et la course de la pédale reste courte. L’élastomère ne change donc pas la valeur lue pour une force donnée : il change la façon dont la pédale s’enfonce avant d’atteindre cette force. Le détail de ce qui distingue le freinage à la pression du freinage à la course est développé dans notre page sur le pédalier load cell et le geste de freinage.

Les fabricants publient des empilements très précis :

  • Heusinkveld Sprint : six réglages de rigidité, du plus dur au plus souple S, M, L, XL (défaut), XL plus S, XL plus M, avec toujours un grand disque avant et après chaque gomme. Le kit d’élastomères vendu à part propose lui aussi six empilements, du 19 mm dur au 37 plus 19 mm souples.
  • Heusinkveld Ultimate+ : neuf réglages, élastomères durs utilisables jusqu’à 140 kg, élastomères souples limités à 100 kg, et interdiction de mélanger durs et souples sur une même pile.
  • Fanatec ClubSport Pedals V3 avec Brake Performance Kit : combinaisons de deux élastomères rouges et verts, de très dur (deux verts de 13 mm) à souple, avec obligation d’utiliser deux élastomères de même diamètre.
  • Asetek Invicta : trois élastomères fournis, et une recommandation par type de voiture, le plus dur pour la formule et le prototype, le moyen pour le rallye, la NASCAR et la GT, le plus souple pour les voitures de route.

Asetek ajoute une précision qu’on lit rarement : l’élastomère change la force nécessaire pour atteindre l’étage dur hydraulique, pas la course. Heusinkveld de son côté note que ses gommes se tassent un peu pendant les premières heures d’utilisation. Deux raisons de ne pas juger un empilement sur un seul relais.

La pré-contrainte sert d’abord à supprimer le jeu

La pré-contrainte comprime le système avant que tu appuies, et sa fonction première est d’éliminer le jeu mécanique, pas de durcir la pédale. Fanatec l’écrit explicitement pour son Brake Performance Kit : une fois le kit monté, la vis de pré-contrainte ne sert plus qu’à supprimer le jeu. Asetek présente la sienne comme la simulation de l’écart entre disque et plaquette. Heusinkveld construit son frein en deux étages, un ressort métallique qui reproduit ce même écart, puis la compression des gommes.

Sur les ClubSport Pedals V3 sans le kit, la vis rouge graduée règle bien la rigidité, et le manuel demande de rester dans l’échelle gravée. Sur l’accélérateur du Sprint, Heusinkveld impose une longueur comprimée minimale de 40 mm pour le ressort. Ces limites existent pour protéger la mécanique, pas pour brider ton réglage.

Les règles de montage à ne pas enfreindre

  • Débrancher le câble USB du volant avant tout réglage mécanique du T3PM, selon Thrustmaster.
  • Utiliser les guides propres à chaque ressort sur les ClubSport V3, sous peine de bruit et de dommages, selon Fanatec.
  • Recalibrer après toute modification mécanique : Asetek, Heusinkveld et Fanatec le demandent tous les trois, y compris après le montage ou le démontage de l’amortisseur Fanatec.
  • N’utiliser que les élastomères fournis ou vendus par la marque sur l’Invicta : Asetek lie ce point à la garantie.

Comment calibrer un pédalier simracing ?

En enregistrant la position de repos comme minimum et l’appui maximal voulu comme maximum, soit automatiquement en enfonçant chaque pédale à fond une fois, soit manuellement avec les boutons de minimum et de maximum du logiciel. La calibration dit au système où commence et où finit ton geste.

La calibration automatique et ce qu’elle attend de toi

Chez Fanatec, sans calibration manuelle, chaque pédale doit être enfoncée au maximum de sa course puis relâchée, une fois, au démarrage. Chez Thrustmaster, la calibration du T3PM se fait seule après quelques pressions, une fois le volant autocalibré et le jeu lancé, avec deux consignes : brancher le pédalier avant le volant, et ne jamais appuyer pendant l’autocalibration de la base.

C’est la voie la plus simple, et elle a un défaut : elle prend ta course mécanique complète comme référence. Si ton maximum confortable se situe avant la butée, l’automatique te demandera toujours d’aller jusqu’au bout.

La calibration manuelle : fixer toi même le départ et l’arrivée

Le principe est le même partout. Tu poses le pied à la position de repos et tu valides le minimum, tu enfonces jusqu’au 100 % voulu et tu valides le maximum. Fanatec l’appelle Manual Mode, avec les boutons set min et set max dans le pilote PC. MOZA propose Set Min et Set Max sur la page principale de son logiciel, avec le réglage de la course et l’inversion de signal par pédale. Simagic donne un bouton de calibration qui ramène les sorties au minimum, et une calibration initiale à la première connexion au PC.

Un détail publié par Fanatec change la manière de faire : pour la zone morte basse, le fabricant conseille de poser le pied à la position de repos, de cliquer sur le minimum et d’attendre quelques secondes. Le poids de ta jambe au repos devient ainsi le zéro, et le frein ne traîne plus quand tu relâches.

Quand recalibrer

  • Après une mise à jour du micrologiciel : Fanatec écrit que les positions calibrées manuellement sont réinitialisées et doivent être refaites.
  • Après un changement mécanique : Heusinkveld limite l’obligation au réglage mécanique du frein, à la modification de la butée d’accélérateur et à l’inversion des câbles ; Asetek et Fanatec demandent une recalibration après toute intervention.
  • Avec le temps : Fanatec justifie la recalibration du maximum par la poussière, qui réduit la valeur maximale lue au fil des mois.

Les pièges de branchement pendant la calibration

Fanatec, Thrustmaster et MOZA publient la même interdiction : ne jamais brancher le pédalier en même temps à la base et au PC. Thrustmaster ajoute qu’un seul logiciel doit être ouvert pendant la calibration du T-LCM, son outil ou le panneau Windows, et que l’outil se ferme avant de lancer un jeu. Fanatec signale enfin que sur certains ordinateurs, il faut démarrer la machine avant de brancher le pédalier en USB.

Quelle force de frein régler pour atteindre 100 % ?

Une force que tu peux reproduire à l’identique freinage après freinage, sur toute la durée d’une course, et que ton support encaisse sans bouger. Les fabricants qui publient une valeur de départ se situent entre 22,5 kg et 80 kg selon le pédalier, très en dessous de la force maximale que leurs freins acceptent.

Capacité du capteur et force réglée : deux chiffres différents

La capacité annoncée pour le capteur est ce qu’il sait mesurer. La force maximale publiée est ce que la pédale accepte en usage. La force réglée est ce qu’il te faut pour que le jeu lise 100 %. Trois chiffres, et les confondre est l’erreur la plus répandue du sujet. Heusinkveld est le seul du relevé à publier les trois, et le tableau suivant les met côte à côte.

Pédalier Capteur de frein publié Force maximale publiée Réglage d’usine publié
Logitech RS Pedals Cellule de charge de 75 kg Non publiée à part 22,5 kg pour atteindre 100 %
Heusinkveld Sim Pedals Sprint Cellule de charge de 120 kg 65 kg Environ 30 kg
Heusinkveld Sim Pedals Ultimate+ Cellule de charge de 200 kg 140 kg avec les élastomères durs, 100 kg avec les souples Environ 80 kg
Asetek Invicta Capteur de pression de 0 à 100 bar 180 ou 185 kg à la plaque selon la page 40 bar
MOZA CRP2 Cellule de charge de 0 à 200 kg Non publiée à part Non publié sur la fiche
Thrustmaster T-LCM Cellule de charge de 100 kg Non publiée à part Non publié sur la fiche
Simucube ActivePedal Ultimate Pédale active motorisée 170 kg par défaut, 120 kg en option Non publié sur la fiche

Heusinkveld publie un détail qui ferme un faux débat : la sortie de son pédalier va toujours de 0 à 4095, quel que soit le réglage de force. Régler 30 kg sur un frein qui en accepte 65 ne te fait donc pas perdre de pas de signal sur ce matériel. Le fabricant précise aussi où il mesure la force : là où le pied touche la plaque, pour un pied de taille moyenne. Un pied posé plus haut ou plus bas sur la pédale change le levier, donc la force ressentie pour le même 100 %.

Le sens du réglage n’est pas le même d’un document à l’autre

Augmenter la valeur augmente la force nécessaire sur la plupart des pédaliers : c’est ce qu’écrit Thrustmaster pour la Brake Force électronique du T-LCM, c’est ce qu’écrit Fanatec dans le manuel de son kit Load Cell pour CSL Pedals, où Lo demande le moins de pression et 100 le plus, et c’est ce que confirme son article sur la calibration, qui prévient qu’à 100 % tu devras sans doute écraser la pédale.

Le manuel des ClubSport Pedals V3 du même fabricant écrit pourtant l’inverse : OFF y est présenté comme le réglage le plus dur, et 100 comme un facteur 3 appliqué à la résistance du signal. Les bornes diffèrent aussi, OFF à 100 d’un côté, Lo 010 à 100 de l’autre, avec une valeur par défaut identique de 050. Nous signalons la divergence sans la trancher. La vérification tient en trente secondes : règle une valeur basse, appuie, et regarde dans le logiciel si la barre du frein atteint 100 % plus tôt ou plus tard.

Simagic ajoute une troisième logique sur son P2000 hydraulique : le niveau de force de frein agit à la fois sur la course et sur la force maximale, un niveau bas raccourcissant la course et réduisant la force. Sur son P1000 à cellule de charge, le fabricant indique seulement que la force de frein est réglable.

Le point de départ que je conseille

Pars de la valeur d’usine quand elle est publiée, roule avec, et ne change qu’un paramètre à la fois. Asetek va plus loin et recommande de rouler au moins cinq heures avec les réglages d’usine avant de modifier quoi que ce soit. C’est un conseil qui agace, et c’est le bon : un réglage changé après trois tours corrige ta fatigue du jour, pas ton pédalier.

Descends ensuite la force si tu ne tiens pas le 100 % en fin de relais, ou si ton siège recule. Monte la si tu bloques les roues sans le vouloir en début de freinage. Le chiffre final t’appartient, et aucune des sources consultées ne publie de seuil universel en kilogrammes.

Faut-il une zone morte, et de combien ?

Oui, une petite en bas de course sur les trois pédales, et une en haut sur l’accélérateur et l’embrayage. Les fabricants qui chiffrent ce réglage donnent entre 2 et 3 % comme point de départ, la zone morte haute du frein restant nulle chez Asetek.

En bas de course : ne pas freiner pied posé

Un pied au repos ne doit envoyer aucun signal, et c’est le rôle de la zone morte basse. Heusinkveld recommande au minimum 3 % en bas et en haut sur l’accélérateur et l’embrayage, à cause des butées souples de ses pédales. Asetek règle d’usine 2 % en bas sur l’accélérateur comme sur le frein. Fanatec cite, pour F1 24, une zone morte sur les premiers 5 à 10 % de la course.

Sur un frein à cellule de charge, la zone morte basse ne se lit pas en course mais en force. Heusinkveld l’exprime en pourcentage de la force réglée et donne l’exemple : 5 % sur un frein réglé à 30 kg laissent passer 1,5 kg avant le moindre signal. Si tu montes la force de frein, la même zone morte en pourcentage représente plus de kilogrammes.

En haut de course : atteindre 100 % sans aller en butée

Raccourcir la course utile pour que le 100 % arrive avant la butée, c’est ce que fait la zone morte haute. Simagic la présente exactement ainsi sur son P2000. Asetek règle 2 % en haut sur l’accélérateur et 0 % en haut sur le frein. L’outil de calibration du T-LCM ne propose de zone morte de fin de course que sur l’accélérateur et l’embrayage, pas sur le frein, dont le maximum se règle par la force.

Une zone morte haute trop généreuse sur l’accélérateur a un coût : tu passes à 100 % avant le fond de pédale, et la dernière partie de ta course devient inutile. Commence petit, et augmente seulement si tu constates que la barre n’atteint pas le maximum en butée.

Quelle courbe de réponse choisir pour le frein et l’accélérateur ?

Linéaire pour commencer, puis une courbe modifiée seulement pour corriger un défaut précis que tu sais nommer. Les fabricants qui décrivent leurs courbes les associent à des usages, jamais à un réglage universel.

Ce que les fabricants associent à chaque forme

Simagic est le plus explicite sur son P2000. La courbe linéaire est le réglage par défaut. La convexe est recommandée pour le frein en usage piste. La concave est recommandée pour l’accélérateur sur les voitures puissantes. La sigmoïde réduit la sensibilité au milieu de la course, sur le frein comme sur l’accélérateur.

Heusinkveld construit ses courbes sur six points, à 0, 20, 40, 60, 80 et 100 %, et publie des cas d’usage plutôt que des formes : un accélérateur moins sensible en début de course sous la pluie, une voiture peu puissante, un point de patinage d’embrayage placé à 50 % dans un exemple, et la compensation d’un blocage précoce, dans l’exemple d’une roue qui bloque à 70 % d’entrée. Simucube propose des préréglages Linear, Squared, S-curve et trois variantes logarithmiques pour son ActivePedal. Logitech, sur le G923, résume tout par un curseur de sensibilité de 1 à 100 par pédale, où 50 donne une réponse linéaire.

Corriger un blocage avec la courbe plutôt qu’avec la force

Si ta voiture bloque toujours au même pourcentage de frein, deux réglages s’offrent à toi. Baisser la force maximale déplace tout le freinage et change aussi ton effort sur les freinages légers. Aplatir la courbe au dessus du point de blocage ne touche que la zone qui pose problème. C’est l’exemple que choisit Heusinkveld, et c’est la raison pour laquelle je règle la force pour le confort et la courbe pour le comportement.

Le cas du multiplicateur de frein dans iRacing

iRacing ajoute un paramètre qui agit comme une courbe côté jeu : le Brake Force Factor, dans les options de conduite. La documentation de l’éditeur le règle par défaut à 1,80 pour les pédaliers à potentiomètre, recommande de 1,60 à 2,00 pour ces pédaliers, et 0 pour un frein à cellule de charge. Une note de mise à jour précise que la calibration du frein demande désormais si la pédale est à cellule de charge, et corrige la courbe en conséquence. Heusinkveld donne la même consigne pour ses pédaliers : calibrer chaque axe à une sortie de 4095 et régler ce facteur à 0.

Où se règle le pédalier quand on joue sur console ?

Sur la base du volant, par son écran ou son menu, sur l’adaptateur quand il y en a un, dans la mécanique du pédalier, et dans le jeu. Les logiciels PC des fabricants ne tournent pas sur PS5 ni sur Xbox, et c’est la base qui transmet le pédalier à la console.

Cette dépendance à la base est la contrainte que les guides d’achat laissent le plus souvent de côté : sur console, ton pédalier ne se règle qu’avec les outils de la base qui le lit. Le choix de cette base, avec ses licences PlayStation et Xbox, est posé dans notre guide du volant simracing.

Par le menu ou l’écran de la base

Fanatec rend la force de frein accessible depuis le menu de réglage de la base, sous le nom BRF, en plus du logiciel PC. Logitech indique que la force du frein de ses RS Pedals se règle sur l’écran OLED de sa base, dans G HUB en USB direct, ou par une molette sur le Racing Adapter quand le pédalier est branché à un G29, un G920 ou un G923. C’est bien la voie console : le tableau de l’article de support consacré à l’adaptateur, mis à jour le 18 juin 2026, indique que les RS Pedals et les PRO Racing Pedals se raccordent par l’adaptateur aux G29, G920 et G923, mais ni directement à un PC ni directement à une console. Le support précise aussi que les zones mortes et les courbes de réponse réglées dans G HUB ne s’appliquent sur console qu’après un clic sur « Save To Device », qui les enregistre dans la mémoire du pédalier : sans cette étape, les réglages faits sur PC ne suivent pas le pédalier sur ta console. L’entretien qui impose ces recalibrations, lubrification et pièces d’usure comprises, est traité dans notre guide d’entretien du matériel simracing.

Thrustmaster fait passer une partie du réglage par l’enregistrement dans le pédalier. Les réglages du T-LCM sont stockés dans sa mémoire interne après validation dans l’outil PC, puis restent valables en USB comme branché en RJ12 sur une base de la marque. Concrètement, un pilote console qui dispose d’un PC une fois règle son T-LCM, débranche, et retrouve ses réglages sur sa PlayStation.

Par le mode de détection de la base

Sur plusieurs bases Thrustmaster, la base doit savoir quel pédalier elle lit. Le support du fabricant décrit le symptôme d’un mauvais mode : pédales qui n’atteignent pas 100 %, signal de mauvaise qualité ou absent. La bascule se fait par une combinaison de boutons maintenue deux secondes sur la plupart des bases, cinq secondes sur le T128, avec un code de clignotement ou de couleur pour chaque mode. Les T248 et T248R détectent le pédalier seules, et la T598 réserve un port RJ45 au Raceline Pedals III LC.

Par la mécanique seule

Quand la base ne propose aucun réglage de pédale, il reste la mécanique. C’est tout l’intérêt des quatre modes du T3PM, qui changent l’effort sans logiciel, et de la butée conique du T3PA. Sur console, un bon réglage mécanique vaut souvent davantage qu’un curseur de jeu.

Ce que Gran Turismo 7 documente

Polyphony Digital a ajouté un menu de réglages du volant dans ses contrôleurs, et la note de la mise à jour 1.17 indique que la sensibilité des pédales se règle depuis la calibration des pédales. Nous n’avons pas trouvé, dans les sources officielles lisibles, le détail des paramètres de ce menu, ni leurs plages. Thrustmaster présente de son côté le logiciel de calibration du T-LCM comme sous licence PlayStation et Gran Turismo.

Que disent les jeux PC de leurs réglages de pédale ?

Peu de choses chiffrées, et presque toujours la même trilogie : zone morte, linéarité ou sensibilité, saturation. Voici ce que chaque éditeur publie, et ce que nous n’avons pas trouvé.

iRacing, le seul éditeur de notre relevé qui distingue les technologies

iRacing est l’éditeur le plus précis du relevé, avec le Brake Force Factor décrit plus haut et une consigne de calibration pour les pédales qui collent : relâcher à environ 5 % et valider pendant que la pédale est encore légèrement enfoncée. La documentation cite nommément les pédaliers concernés par chaque recommandation, les Fanatec CSL et Elite et les Thrustmaster T3PM et T3PA côté potentiomètre, les Logitech G Pro, Fanatec ClubSport et CSL LC, Heusinkveld et Thrustmaster T-LCM côté cellule de charge.

Le Mans Ultimate, un réglage de voiture plutôt que de pédale

Le guide de réglage rapide LMP3 publié par le studio donne une force maximale de pédale propre à chaque voiture pour les pilotes équipés d’un pédalier : de 85 à 91 % sur la Ligier JS P325, de 80 à 85 % sur la Ginetta G61 LT P325 EVO. C’est un paramètre du réglage de la voiture, pas de la calibration, et c’est une bonne raison de ne pas corriger au pédalier ce que le jeu prévoit voiture par voiture.

F1, trois curseurs de 0 à 100

La documentation d’accessibilité d’EA pour F1 22 décrit pour le frein comme pour l’accélérateur une zone morte, une linéarité et une saturation, chacune de 0 à 100 avec une valeur par défaut de 0. La saturation fixe le point où la pédale est considérée au maximum, la linéarité l’écart de sensibilité entre le début et le reste de la course. La page consacrée à F1 25 ne mentionne plus qu’un réglage de zone morte et de sensibilité, sans plage publiée.

EA SPORTS WRC et Assetto Corsa Competizione

Pour EA SPORTS WRC, l’éditeur décrit des curseurs indépendants de zone morte et de saturation pour les entrées analogiques, sans valeur par défaut ni détail propre aux pédales. Pour Assetto Corsa Competizione, nous n’avons trouvé aucune documentation officielle du studio ou de l’éditeur sur la calibration du frein ou ses zones mortes. Nous ne publierons pas de valeur que nous ne pouvons pas rattacher à une source.

Pourquoi ta pédale n’atteint-elle pas 0 ou 100 % ?

Dans la grande majorité des cas documentés, pour l’une de quatre raisons : une calibration à refaire, un mode de base qui ne correspond pas au pédalier, une butée mécanique trop proche, ou une couche logicielle qui modifie la plage à ton insu.

La pédale reste bloquée sous 100 %

  • Recalibre le maximum : Fanatec lie la baisse de la valeur maximale à la poussière avec le temps.
  • Vérifie le mode de détection sur une base Thrustmaster.
  • Éloigne la butée conique du T3PA, ou appuie très fort une fois pour que la calibration enregistre le vrai maximum.
  • Réduis la force de frein, ou ajoute une petite zone morte haute sur l’accélérateur et l’embrayage.

La pédale ne revient pas à 0 %

  • Refais le minimum pied posé, en attendant quelques secondes, selon la méthode Fanatec.
  • Ajoute une zone morte basse de quelques pourcents.
  • Sur iRacing, applique la consigne de l’éditeur pour une pédale qui colle, relâchée à environ 5 % au moment de valider.
  • Sur PC, remets par défaut la calibration du contrôleur dans Windows, comme l’indique MOZA.

La réponse change d’une session à l’autre

Cherche d’abord un mouvement du support, ensuite un double branchement USB et base, enfin un logiciel resté ouvert pendant le jeu. Asetek décrit un cas mécanique précis : une tige de frein qui précharge le maître cylindre donne une calibration irrégulière. Le logiciel ne répare rien de tout ça.

Comment cette page a été construite

La source. Les manuels, pages de support et pages produit de Fanatec, MOZA Racing, Thrustmaster, Logitech G, Simagic, Heusinkveld, Asetek SimSports et Simucube, et les documentations officielles d’iRacing, du Mans Ultimate, d’EA pour F1 et EA SPORTS WRC, et de Polyphony Digital pour Gran Turismo 7. Le test. Aucun des pédaliers cités n’a été pris en main pour cette page : c’est une synthèse documentaire, et les conseils formulés à la première personne sont des choix de méthode, pas des réglages mesurés. Le contrôle. Avant d’écrire, les pages francophones les mieux placées sur le réglage et la calibration d’un pédalier ont été dépouillées, afin de ne retenir que ce qu’elles ne publient pas : réglages officiels jeu par jeu, différence entre console et PC, ordre des couches logicielles, divergences entre documents d’un même fabricant. Les manques. Certains manuels trop volumineux ou pages refusées n’ont pas pu être lus, et plusieurs fabricants ne publient aucune plage chiffrée pour leurs courbes ou leur force de frein : la page le dit à chaque fois. La date. Relevé du 14 septembre 2026. Aucune marque ne finance ce contenu.

Questions courantes

Combien de temps garder les réglages d’usine avant de les changer ?
Asetek recommande de rouler au moins cinq heures avec les réglages d’usine de son pédalier Invicta avant de les modifier. C’est le seul fabricant du relevé à chiffrer ce délai. La logique vaut ailleurs : un réglage jugé après quelques tours reflète ta fatigue et ton habitude du moment. Roule plusieurs sessions, puis change un seul paramètre à la fois pour savoir ce qui a produit l’effet.
Faut-il lubrifier son pédalier simracing ?
Certains fabricants le demandent. Heusinkveld prescrit pour son Ultimate+ un lubrifiant PTFE sec toutes les 100 heures sur l’accélérateur et l’embrayage. Fanatec fournit une graisse lithium avec son Brake Performance Kit, à appliquer sur les élastomères au montage. Utilise le produit indiqué par le fabricant de ton pédalier : un lubrifiant inadapté peut attaquer une gomme ou attirer la poussière.
Les élastomères de frein s’usent-ils ?
Ils évoluent au début de leur vie. Heusinkveld indique que ses gommes se tassent un peu pendant les premières heures d’utilisation, et annonce pour son kit d’élastomères du Sprint aucune dégradation après un million de cycles dans ses essais. Recalibre après la période de rodage, et après chaque changement d’empilement, comme le demande le fabricant.
Peut-on régler un pédalier simracing sans logiciel ?
En partie. La position, l’angle, la dureté et la pré-contrainte se règlent à la main. Le T3PM de Thrustmaster propose quatre niveaux de dureté par ressorts et élastomère, et Fanatec rend la force de frein accessible depuis le menu de ses bases. Sans logiciel, tu perds en revanche les courbes et les zones mortes fines, qu’il faudra alors chercher dans les réglages du jeu.
Qu’est-ce que le mode pédales combinées ?
C’est un mode qui fusionne frein et accélérateur sur un seul axe, pour les jeux anciens qui ne gèrent qu’une entrée. Fanatec le décrit sur ses pédaliers branchés à une base de la marque : le frein occupe la moitié basse de l’axe, l’accélérateur la moitié haute. Tu ne peux alors plus freiner et accélérer en même temps, donc ce mode ne sert que pour ces jeux.
Un amortisseur de pédale remplace-t-il un élastomère ?
Non, il agit sur la vitesse du mouvement, pas sur la force. Fanatec vend pour ses ClubSport V3 un amortisseur réglable de 0, presque sans effet, à 8, effet maximal, à bloquer avec une clé Allen de 1,5 mm contre les vibrations, puis à recalibrer. Simucube propose un amortissement logiciel sur son ActivePedal. L’élastomère, lui, fixe la dureté.

🏁 Ce qu’il faut retenir

  • L’ordre : fixation et position, dureté, calibration, force, zones mortes, courbe, jeu en linéaire.
  • La courbe : à un seul endroit, comme le recommandent Asetek et Heusinkveld.
  • La force : la capacité du capteur n’est pas un réglage, les valeurs d’usine publiées vont de 22,5 à 80 kg.
  • La vérification : le sens du réglage de force diffère entre deux manuels Fanatec, contrôle le sur ta barre de frein.
  • La console : tout passe par la base, la mécanique du pédalier et le jeu.
// NOTRE AVIS, EN CLAIR

Ce que nous retiendrions : une calibration manuelle pied posé, la valeur de force d’usine gardée plusieurs sessions, une courbe unique dans le logiciel de la marque et un jeu laissé en linéaire, avec le Brake Force Factor à 0 sur iRacing pour un frein à cellule de charge. Ce que nous vérifierions avant de toucher au logiciel : la tenue du pédalier sous dix freinages appuyés, le branchement unique, le mode de détection de la base et la dernière version du micrologiciel. Ce que cette page ne couvre pas : un réglage mesuré sur un pédalier précis, aucun n’ayant été pris en main pour la rédiger, ni les paramètres détaillés de Gran Turismo 7 et d’Assetto Corsa Competizione, que nous n’avons pas trouvés dans les sources officielles.

Pour aller plus loin

RÉDIGÉ PAR
Fondateur et pilote testeur JSEM Racing

Jérémy, fondateur de JSEM Racing. Plus de 400 heures de simracing par an sur PS5, principalement sur Gran Turismo 7 et Assetto Corsa Competizione. Chaque fiche du site est construite sur la documentation des fabricants : compatibilités au modèle près, garantie, pièces détachées, dépannage.

COCKPIT D'ESSAI : Fanatec Gran Turismo DD Pro / Playseat Challenge : PS5 · GT7 / ACC
Testé quand c'est possible

Test en piste ou synthèse documentaire, le statut est affiché sur chaque page.

Méthode publiée

Sources, critères et limites détaillés en bas de chaque contenu.

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